J'ai lâché, tout simplement.
Combien de fois je me suis retrouvée ici, devant cette page blanche qui restait indéfiniment vide de couleurs. Vide de mots.
Combien de fois je me suis demandée pourquoi les phrases ne voulaient pas se former. Sujet, verbe, complément, ce n'est pas si compliqué. Pourtant.
Tellement de choses ont changé, j'ai changé.
J'ai perdu, aussi.
C'est peut-être ça, qui a fini par modifier le peu qui me restait en commun avec mon avant. Tout m'a transformé, pour ne laisser qu'un rien.
J'ai essayé de me raccrocher à ce que j'étais, aux rêves que j'avais, à mes envies, mes ambitions. Pourtant ce n'était pas cohérent, ce n'était plus moi.
Le choc. Le déni. La colère. La tristesse. La résignation. l'acceptation. La reconstruction.
Alors on reconstruit, et pas sur le modèle d'avant. Sur un nouveau, quelque chose de totalement inconnu. J'en suis là.
Et j'ai envie de faire tourner ce blog sur mon nouveau modèle, qui ne ressemblera certainement pas à ce que je faisais avant, mais qui, finalement, colle plus avec ce que je suis maintenant. Quelque chose de plus simple, plus cosy, plus volatile en fait.
Est-ce que ça vous tente? Est-ce que vous me suivrez?

12 comments
On marchait côte à côte, silencieux, derrière la voiture remplie de fleurs.
Le vent dans les cheveux, le froid glacial s'immisçant sous nos manteaux, transperçant nos coeurs déjà arrêtés par la douleur. Tu regardais droit devant, les yeux mouillés, la mâchoire serrée.
On marchait côte à côte et j'ai attrapé ton bras pour me coller contre toi. On avançait au rythme de cette putain de voiture remplie de fleurs.
Cette impression de déjà vu, parce qu'on n'ose même plus les compter. Non, ne les compte pas. N'y pense plus, oublie. Avance. Comme si c'était naturel, comme si tu n'avais pas besoin de décider de mettre un pas devant l'autre.
Tu m'as regardé et tu m'as souri. Un sourire qui comptait plus de larmes qu'une rivière.
Et tu m'as raconté. Tu m'as raconté comment il avait pris soin de toi. Toi, le petit garçon au coeur saignant, le petit garçon dissipé qu'il faisait dessiner pendant la récré pour te calmer. Toi, le gosse infernal qui sonnait à toutes les portes des maisons sur le chemin de l'école, juste pour le plaisir d'emmerder les voisins. Le vélo à trois scelles, le béret, le jardin.
Lui, qui a su tirer d'un moment terrible, un peu d'amour et de sourire. Lui, qui te calmait en te faisant dessiner. Parce qu'il était comme ça, d'un calme apaisant, d'une gentillesse infinie et d'une tendresse inégalable. Parce qu'il t'aimait et que tu l'aimais en retour.
La voiture pleine de fleurs s'est arrêtée et a déposé ses bouquets. L'instant s'est figé, comme une pellicule rayée. Il n'y avait plus un bruit, comme si le monde avait décidé de se taire. Comme si tout s'était arrêté, juste pour nous, juste pour toi, juste pour lui.
On n'osait plus bouger, le vent dans les cheveux, le froid glacial s'immisçant sous nos manteaux, transperçant nos coeurs déjà ravagés par la douleur.
Alors on a pris les fleurs et on les a fait voler dans le vent glacial. On a recouvert le bois de pétales, comme une fin d'été, lorsque les fleurs des cerisiers se fanent.
Ce moment magique où le sol, recouvert de rose, semble incroyablement poétique.

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